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Khenpo Tsultrim Gyamtso Rinpoché est réputé pour sa prodigieuse érudition et son immense compassion. Il est aussi connu pour sa réalisation, souvent comparée à celle du grand yogi Milarepa, auquel il ressemble d'ailleurs autant par son
caractère que par son style. Rinpoché n'a pas de domicile fixe et très peu de
possessions; il a pratiqué en solitaire pendant des années, parfois dans
l'obscurité la plus complète. Comme Milarepa, il fait des chants de réalisation
spontanés (skt. doha), qui permettent d'entrevoir la pure réalité. De telles
dohas peuvent surgir pour répondre à une question, pour clarifier une difficulté
ou pour développer ou commenter un des chants de Milarepa. Vous trouverez des
exemples des chants de Rinpoché sur le site de Nalandabodhi.
Le début de sa vie
Rinpoché est né en 1934 dans une famille nomade de Nangchen au Kham, région
à peu près inaccessible située dans l′est du Tibet. On lui donna le nom de Sherab Lodrö. Après la mort subite de son père quand le Khenpo n'avait que deux ans, sa mère s'est mise à faire des pèlerinages aux sites sacrés, à suivre des enseignements sur le Dharma et à recevoir des initiations. Le jeune garçon est tout le temps resté à ses côtés, même quand elle entreprenait des retraites prolongées.
Pratiques en solitaire et transmission de l'esprit
par le seizième Karmapa
Encouragé si tôt et si intensément par sa mère à la pratique spirituelle, Rinpoché a quitté la maison à un très jeune âge pour suivre un entraînement avec son guru racine, Lama Zopa Tarchin. Ce yogi fut le premier de ses nombreux maîtres. Après avoir complété cette formation préliminaire, Rinpoché a embrassé la vie de yogi-ascète. Pendant cinq ans, il a erré à travers l'Est et le Centre du Tibet, entreprenant d'intensives retraites solitaires dans des grottes pour réaliser directement les enseignements qu'il avait reçus. Durant ces années, il a souvent vécu dans des charniers, afin de pratiquer et de maîtriser
Chod, un moyen habile pour couper l'attachement à l'ego, développer la compassion et atteindre des niveaux plus profonds de vacuité.
Rinpoché a voyagé jusqu'au monastère de Tolung Tsurphu (siège historique de la lignée Karma Kagyü et de son chef,
le Karmapa) pour poursuivre sa retraite et étudier avec des maîtres de la région. Là, sa Sainteté Rangjung Rigpé Dorjé, le seizième Karmapa, lui a donné des instructions permettant de reconnaître la nature de l'esprit. Pendant qu'il vivait dans les grottes au-dessus de Tsurphu, Rinpoché a reçu de Dilyak Drupon Tenzin Rinpoché et d'autres maîtres de profonds enseignements sur les Six Yogas de Naropa, sur le Hevajra Tantra et sur d'autres pratiques profondes.
Son départ pour l'Inde
Rinpoché a continué sa vie de retraites strictes en montagne après l'invasion du Tibet par l'armée chinoise. Un groupe de moniales bouddhistes l'ont recherché et lui ont demandé de l'aide durant cette période marquée par des troubles sociopolitiques; Rinpoché a guidé les moniales et d'autres réfugiés à travers l'Himalaya vers un lieu sûr, au Bhoutan.
Ensuite, Rinpoché a gagné l'Inde où il a passé les neuf années suivantes dans un des camps de réfugiés tibétains du Buxador, situé dans le nord du pays. Malgré les épreuves de la vie de réfugié, il a étudié et maîtrisé la science bouddhiste en général et s'est concentré plus particulièrement sur les quatre écoles du bouddhisme tibétain. Il est devenu renommé pour ses habiletés dans les disciplines de la logique et du débat oratoire. Il a reçu, de sa Sainteté le seizième Karmapa, le titre de Khenpo et, de sa Sainteté le quatorzième Dalaï-Lama, l'équivalent du titre de Geshe Lharampa. Il s'est par la suite installé au Bhoutan sur les instructions de sa Sainteté le seizième Karmapa, où il a construit un couvent, un centre de retraite et une école qu'il dirige toujours.
Former la prochaine génération de maîtres partout dans le monde
Sa Sainteté le seizième Gyalwa Karmapa a établi son siège en exil à Rumtek au Sikkim. Grâce à l'inspiration pénétrante et à l'activité intense de sa Sainteté, l'université monastique (tib.
shedra) de Nalanda a été fondée à Rumtek pour former les maîtres de la lignée Kagyü. Sa Sainteté a demandé au Khenpo Tsultrim Gyamtso Rinpoché et au Khenchen Thrangu Rinpoché de servir d'abbés et d'enseignants principaux au shedra. Sous leur tutelle, une nouvelle génération de tulkus Kagyü et de khenpos a vu le jour.
À la demande du seizième Karmapa et avec sa bénédiction, Rinpoché a aussi enseigné énormément en Europe durant plusieurs décennies. Il a fondé le Kagyü Thegchen Shedra à Athènes, en Grèce, et il a beaucoup voyagé et enseigné à travers l'Europe pendant plusieurs années.
Depuis 1985, Rinpoché a fait six fois le tour du monde en réponse aux invitations provenant d'Europe, des États-Unis, du Canada, de l'Amérique du Sud, de l'Asie du Sud-Est, de l'Afrique et de l'Australie.
Khenpo Tsültrim Gyamtso Rinpoché a consacré beaucoup de temps et d'énergie à former des traducteurs compétents du tibétain vers plusieurs langues étrangères. Les traducteurs formés par Rinpoché sont connus pour leur style clair et leur exactitude résultant des nombreuses années d'études et de pratique. L'habileté de Rinpoché à encourager et à former des traducteurs a contribué immensément à rendre accessible le précieux Dharma du Tibet en plusieurs langues. En 1986, il a fondé l'Institut de traduction Marpa à Boudhanath, au Népal, où il offre à chaque année un
cours durant l'hiver qui attire autant les nouveaux étudiants que les anciens, de partout dans le monde.
Khenpo Tsultrim Gyamtso Rinpoché a aussi fourni un grand soutien aux femmes qui ont embrassé la vie monastique. Il a construit un couvent, une école et un centre de retraite pour les femmes d'origine tibétaine de la région de Helambu au Népal, près de la grotte de retraite de Milarepa dans Yolmo. Par ce couvent et celui du Bhoutan, Rinpoché démontre un engagement ferme à fournir aux moniales les mêmes possibilités--particulièrement pour l'étude--que celles traditionnellement offertes aux moines. Une innovation dans son approche consiste à former chaque moniale pour qu'elle exerce toutes les fonctions de la vie monastique plutôt qu'une seule. Ainsi, toutes les moniales apprennent à jouer des instruments de musique, à faire des tormas, à s'occuper de la salle de méditation, à servir comme maître des chants ou des rituels, à faire la tenue de livre, à jardiner, à cuisiner, etc. Bien qu'exigeant sur le plan individuel et administratif, cet écart à la tradition favorise une atmosphère démocratique parmi les moniales, laquelle stimule le développement des capacités de chacune et permet à la communauté de répondre sans perturbation aux situations imprévisibles et aux conditions changeantes.
Khenpo Tsültrim Gyamtso Rinpoché est le maître principal du Dzogchen Ponlop Rinpoché avec qui il entretient une relation particulière. Ils partagent plusieurs activités, qui sont décrites plus en détail ailleurs sur ce site. Khenpo Rinpoché incarne l'idéal du bodhisattva des temps modernes en faisant du bien à d'innombrables personnes à travers le monde grâce à son énergie sans borne, à sa sagacité et à son immense joie de vivre.
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