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Il y a plus de 2500 ans, dans l'Inde ancienne, un jeune prince à l'esprit très curieux commença à explorer son monde. Il observa le mode de vie à l'intérieur de son palais royal, ainsi que ce qui se passait à l'extérieur. Son père, le roi, avait très peur que son fils découvre la véritable nature de la vie qui, du point de vue bouddhiste, est remplie de souffrances, de douleurs et de luttes. On lui avait prédit que si le jeune prince découvrait cela, il renoncerait peut-être à devenir prince héritier, et qu'il deviendrait un saint, un pratiquant de la voie spirituelle. Alors, son père, le roi, fit de son mieux pour cacher la véritable nature du monde à son fils, le prince. Par conséquent, il offrit au prince tout ce qu'il voulait. Le roi fit tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher le prince de voir la véritable nature de l'existence.
Reconnaître la nature de l'existence
Mais, un jour, le prince regarda par la fenêtre et par hasard, il vit plusieurs choses. D'abord, il aperçut une personne très âgée, puis une personne très malade, ensuite il vit un cadavre que l'on conduisait au bûcher. Après cela, le prince questionna ses amis au palais à propos de ce qu'il avait vu. Le prince comprit alors que la nature de la vie est ainsi : on naît, on grandit, on vieillit, et que l'on soit jeune ou vieux, on devient parfois malade, puis on meurt. C'est la nature de l'existence. Le prince pensa alors : « Comment pouvons-nous éviter ces souffrances de la maladie, de la vieillesse et de la mort ? »
Se libérer de la souffrance
Le prince comprit qu'il n'y avait qu'un seul moyen d'aller au-delà de la souffrance : c'est de découvrir la véritable voie de la spiritualité. Il renonça donc à sa vie de prince et s'enfuit du palais. Ceci est un point très important des enseignements bouddhistes, à savoir qu'à sa naissance il était prince, et qu'il s'est ensuite enfui en renonçant à son palais. Il s'est enfui de son palais comme parfois nous nous enfuyons de notre maison. Cependant, nous retournons chez nous, mais le prince, lui, n'y retourna jamais. Il partit pour de nombreuses années. Il alla dans les forêts, quelque part au nord-est de l'Inde ancienne. Là, il rencontra de nombreux pratiquants hindouistes qui étaient adeptes de la voie de l'ascétisme, et il pratiqua avec eux durant plusieurs années.
La Voie du milieu
Après un certain temps, le prince découvrit que ce chemin religieux de l'ascétisme n'était pas la façon d'aller au-delà de la douleur, de la souffrance et des causes de la souffrance. Il renonça alors à la pratique de l'ascétisme ; en d'autres termes, il renonça à la voie du fanatisme religieux. Nous pouvons donc voir le chemin qu'il a parcouru. D'abord, il renonça à la vie mondaine et entra sur la voie de l'ascétisme. Ensuite, il renonça à l'ascétisme ou à cet engouement du fanatisme religieux. Puis, de là, que chercha-t-il ? Il trouva la Voie du milieu, la voie qui ne tombe dans aucun des deux extrêmes : celui de la complète confiance et de la croyance en la voie religieuse de l'ascétisme, et celui de l'ignorance totale de la douleur, de la souffrance et des causes de la souffrance, que nous nous efforçons de nier. Il y a 2500 ans, l'habitude de ne pas admettre la douleur existait déjà et cela continue de nos jours. En fait, on trouve aujourd'hui de bien meilleurs moyens d'ignorer notre souffrance. Nous avons une science médicale très développée et d'autres ressources qui nous permettent de nier totalement notre souffrance.
L'éveil complet
Ayant trouvé la voie du milieu, dénuée des deux extrêmes, le prince réalisa la vision supérieure, c'est-à-dire la réalisation spirituelle, appelée l'éveil complet, le véritable éveil. Cet éveil est comme sortir de l'état de rêve. Lorsque nous dormons et que nous rêvons, nous avons diverses expériences : nous pouvons faire la merveilleuse expérience d'escalader une haute montagne himalayenne. Nous sommes au sommet de la montagne, admirant la magnifique vue, même les nuages font partie du rêve. De la même façon, nous avons des expériences agréables dans notre vie. Mais nous pouvons également rêver que nous sommes sans cesse poursuivis par un serpent venimeux tel un cobra. Nous pouvons faire ce type de cauchemar encore et toujours, sans être capables de nous réveiller. Être dans cet état de rêve et ne pas le reconnaître, c'est ce que Bouddha a appelé le samsara, l'état de confusion mentale. Toutefois, lorsque nous sortons de cet état, c'est l'éveil, la bouddhéité. Nous devenons des bouddhas, des êtres éveillés, des êtres complètement éveillés.
Au moment où le prince atteignit l'éveil intérieur, dans le nord-est de l'Inde, en un lieu appelé Bodhgaya, au dernier stade de sa pratique de la voie spirituelle, il était assis sous un arbre magnifique, appelé l'arbre de la bodhi. En sanskrit, bodhi signifie Éveil ; donc, l'arbre de la bodhi signifie l'arbre de l'Éveil. Le prince était assis sous cet arbre, sur un coussin d'herbe kusha. Il laissa son esprit se reposer paisiblement, explorant davantage la nature de l'esprit, la nature de la souffrance, la douleur que son esprit subissait, et la tranquillité dont il faisait l'expérience dans son cheminement spirituel méditatif. Un jour, au petit matin, alors qu'il était assis sous cet arbre, (Rinpoché claque ses doigts), le déclic se fit. Soudainement, il (Rinpoché claque ses doigts) atteignit complètement l'éveil dans cet espace ; finalement (Rinpoché claque ses doigts), il était dans cet espace, et ce fut l'expérience de l'illumination, de l'éveil.
L'enseignement
Le Bouddha a partagé son expérience de la voie, de son cheminement spirituel. Il a partagé ses expériences de réalisation, sa vision intérieure de la nature de l'esprit. Dans l'un de ses premiers discours, le Bouddha s'est adressé à une assemblée de moines et de laïcs en disant : « Vous devriez examiner mes enseignements minutieusement. Comme un orfèvre vérifie si l'or est pur avant de l'acquérir, vous devriez suivre le processus complet d'analyse de ces enseignements. » Le Bouddha poursuivit que, pour voir si un métal est de l'or pur, d'abord on le frappe, ensuite on le coupe, puis on le polit avec différents tissus. Par ce test, il est possible de savoir si une substance est de l'or pur ou non. De la même manière, dit le Bouddha : « Il est extrêmement important que vous analysiez et examiniez mes enseignements, si bien qu'à la fin vous pourrez décider si vous les adoptez ou non. S'ils possèdent quelque sagesse, vous pouvez les suivre ; sinon, laissez-les. Vous n'êtes pas forcés d'accepter ces enseignements. » Il a également dit : « N'acceptez pas mes enseignements parce qu'ils viennent d'un roi ou d'un prince. Ne les acceptez pas parce qu'ils proviennent de quelqu'un qui s'appelle le Bouddha. Par contre, acceptez ces enseignements si vous trouvez qu'ils sont logiques, qu'ils sont raisonnables, qu'ils contiennent de la sagesse et qu'ils font du bien. »
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Par le VIIe Dzogchen Ponlop Rinpoché

Tiré de la transcription d'une causerie publique sur le bouddhisme (Nouveau-Brunswick, Canada, 1999)
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