Banière
  Une science de l'esprit
Index des enseignements

Le Dzogchen Ponlop Rinpoché

Programme d'études

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Le bouddhisme est un cheminement vers les profondeurs de notre coeur et de notre esprit, c'est la réalité intérieure de notre propre essence, une exploration de qui nous sommes, et de ce que nous sommes. Ce cheminement spirituel n'est rien d'autre que la découverte de cette réalité intérieure.

Les enseignements spirituels bouddhistes présentent une véritable science de l'esprit qui permet de découvrir en nous-mêmes cette réalité intérieure, la nature de l'esprit et des phénomènes dont notre esprit fait l'expérience. Lorsque nous disons que le bouddhisme est une science, nous ne parlons pas d'une science pure et dure qui analyse les choses matérielles. Nous parlons de quelque chose de beaucoup plus profond. Nous parlons de pénétrer la réalité de notre monde intérieur qui est si puissant.

Les enseignements du Bouddha Shakyamuni, habituellement appelés « bouddhadharma » en sanskrit, présentent un chemin qui nous libère des émotions perturbatrices et de l'ignorance fondamentale. Ce dharma nous libère de l'existence dans le samsara, lequel est défini comme peur samsarique fondamentale, et nous conduit vers cette fructification qu'est l'indépendance, la liberté complète, l'état de non-peur, au-delà de la peur.

En regardant de plus près le bouddhadharma, ou bouddhisme, nous découvrons que c'est une voie pure, avec des enseignements purs, une science pure, une science de l'esprit. En ce sens, la spiritualité bouddhiste n'est pas ce qu'on désigne ordinairement par le mot religion. Cela se compare plutôt à une science humaniste, une pure et véritable science philosophique et humaniste qui travaille avec les deux aspects de notre esprit samsarique : l'aspect négatif et l'aspect positif de l'esprit. Fondamentalement, le bouddhadharma est une science qui nous permet de travailler avec la nature véritable de notre esprit.

« Nangpa » - Intériorité

Le terme tibétain qui désigne le bouddhisme illustre la nature de cette science interne. Bouddhisme se dit nangpa en tibétain, ce qui signifie intériorité. C'est un terme intéressant, car il peut avoir deux sens : littéralement, cela désigne quelqu'un qui est à l'intérieur d'une certaine limite, à l'intérieur d'une certaine barrière ; mais un autre sens de ce mot, c'est que nous travaillons avec notre intérieur, avec notre esprit, avec notre confusion fondamentale, avec l'ignorance. En conséquence, on peut voir à partir de ce mot intériorité ce qu'est fondamentalement le bouddhisme ; c'est une science qui travaille avec notre esprit, une philosophie humaniste, une science humaine.

Le bouddhisme est-il une religion ?

Le bouddhadharma n'est pas une religion au sens ordinaire du mot. On ne parle pas ici des manières sophistiquées d'expliquer la religion dans une faculté universitaire, mais de l'utilisation courante du mot religion, de notre compréhension habituelle de la religion, qui est assez élémentaire ; c'est une croyance, un dogme à propos d'êtres surnaturels en dehors de nous-mêmes, d'une certaine énergie surnaturelle à l'extérieur de nous, qui a le pouvoir, le contrôle sur notre univers et sur tous les êtres sensibles. Cette vision habituelle de la religion est une vue théiste.

Selon le sens ordinaire du terme religion, c'est comme si un être particulier extérieur à nous-mêmes, ou une énergie externe, prenait le contrôle de notre clavier d'ordinateur et programmait pour nous : nous n'avons aucun pouvoir, aucune énergie, aucun choix. Nous devons travailler avec ça, et attendre de voir ce qui apparaîtra sur l'écran.

Tenir nous-mêmes notre clavier qui conduit à l'éveil

Dans le bouddhisme, toutefois, nous tenons le clavier de notre ordinateur, nous sommes le programmeur. Nous programmons notre logiciel interne et nous pressons les touches de notre clavier. Ainsi, selon notre propre compétence, notre énergie et notre connaissance, nous obtenons ce que nous voulons à l'écran.

Le Bouddha a enseigné le dharma afin de nous montrer les touches de commandes. Le Tripitaka est le manuel qui nous enseigne comment programmer et utiliser les bonnes touches de commande. Avec cette connaissance, nous pouvons graduellement avoir du succès dans notre programmation. Il n'y a donc, dans le bouddhisme, pas d'énergie externe ni d'être surnaturel qui tiennent les commandes ; le Bouddha lui-même ne pourrait pas utiliser le clavier à notre place.

Le Bouddha est un maître, un être humain doté d'une grande connaissance, d'une grande sagesse ; il peut nous enseigner quel clavier d'ordinateur choisir et comment l'utiliser. Il a cette grande compassion de vouloir partager sa connaissance et de remettre le clavier entre nos mains. Même si le Bouddha a toute cette connaissance, il ne garde pas le copyright pour lui seul, disant : « Personne ne peut l'utiliser sauf moi ! » Nous pouvons donc voir sa grande compassion et sa vaste connaissance qu'il partage avec nous, en nous donnant le clavier et le mode d'emploi ; il nous donne tout.

La voie du bouddhadharma est totalement libre de toute vue théiste, complètement libre de toute forme, de toute couleur. Le bouddhadharma est comme l'eau pure, il n'a ni forme ni couleur. Selon le contenant dans lequel nous versons l'eau, celle-ci prend une forme particulière. Si vous voulez geler cette eau pure, vous pouvez la mettre au congélateur, mais dès que vous y sortirez la glace, elle retournera à son état naturel d'eau pure n'ayant ni forme ni couleur.

Par le VIIe Dzogchen Ponlop Rinpoché

Tiré de la transcription des enseignements sur le Khejuk (Nouvelle-Écosse, Canada, 1992 ; repris en 2003 pour la publication sur le site Web).

  Traduction française, 2006
(c) Nalandabodhi, Dzogchen Ponlop Rinpoché et le comité de traduction Nalandabodhi Montréal, 2006.


Page originale anglaise : A Science of Mind